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Comment je travaille

Rien de propriétaire ici. Si vous voulez appliquer cette méthode sans moi, cette page suffit.

  1. Le meilleur octet est celui qu’on n’envoie pas

    Compresser une image de 800 Ko pour la ramener à 200 Ko est une optimisation. Se demander si elle apporte quelque chose au visiteur, et la retirer, est une décision de conception. La seconde rapporte davantage et rend souvent la page plus claire.

  2. HTML et CSS aussi loin que possible

    Un accordéon, un onglet, une révélation au défilement, un menu : le navigateur sait faire tout ça nativement. Chaque fois qu’on passe par JavaScript pour un comportement déjà standardisé, on paie deux fois - en poids, et en accessibilité qu’il faut réimplémenter à la main.

  3. La dégradation est un cas nominal

    Une animation qui ne se déclenche pas doit laisser une page lisible. Un script qui ne se charge pas ne doit pas rendre un formulaire inutilisable. Ce n’est pas de la prudence excessive : c’est ce qui se passe réellement, tous les jours, sur les réseaux dégradés.

  4. Ce qui n’est pas mesuré se dégrade

    Tous les sites grossissent avec le temps. Un budget de poids annoncé mais non vérifié tient six mois. Vérifié automatiquement à chaque mise en ligne, il tient. C’est la seule différence entre un engagement et une intention.

  5. L’accessibilité n’est pas une option écologique

    Contrastes suffisants, navigation au clavier, structure de titres cohérente, alternatives textuelles. C’est le volet le plus normé du métier, le plus opposable juridiquement, et celui que les démarches d’éco-conception oublient le plus souvent.

  6. Pas de dépendance dont je ne peux pas sortir

    Un site prérendu est un dossier de fichiers HTML. Il se déplace d’un hébergeur à l’autre en une commande, il survit à la disparition d’un prestataire, et il n’a rien à mettre à jour en urgence. La portabilité est une forme de durabilité.

L’empreinte de ce site

Un studio d’éco-conception dont le propre site est lourd ne mérite pas qu’on l’écoute. Voici ce que celui-ci embarque, et comment c’est vérifié.

Rendu
Nuxt 4 en prérendu statique - aucun serveur applicatif en production
Contenu
Fichiers Markdown versionnés, compilés au build
Animations
Timelines de défilement CSS natives, aucune bibliothèque
Polices
3 fichiers woff2 sous-ensemblés au latin, 43 Ko au total
JavaScript
Aucun framework en production. 1 Ko de script maison, différé
Images
6 photographies, servies en AVIF avec repli WebP et dimensionnées à sa taille d'affichage. Seule la couverture d'un article part avec la page; toutes les autres attendent qu'on les atteigne
Hébergement
Infomaniak, Genève - 95 % de l’énergie consommée restituée au chauffage urbain
Vérification
Budget de poids contrôlé à chaque mise en ligne, échec bloquant

150Ko transférés, budget maximum par page

Ce budget n’est pas une promesse commerciale : c’est un test. Il s’exécute à chaque mise en ligne et compare le poids réel des fichiers produits au plafond. S’il est dépassé, la mise en ligne échoue et le site précédent reste en place. Le script tient en une cinquantaine de lignes ; je le fournis volontiers à qui veut l’appliquer sur son propre site.

Sur l’hébergement

Le site est hébergé chez Infomaniak, à Genève. Presque tous les hébergeurs se disent « verts », et la plupart le sont au sens où ils achètent des certificats d’origine renouvelable ou compensent leurs émissions. Ce n’est pas la même chose que de réduire une consommation.

Ce qui se vérifie ici est d’une autre nature : le datacenter fonctionne sans climatisation et sans consommation d’eau, et restitue 95 % de l’énergie consommée au chauffage urbain genevois, soit l’équivalent de 6 000 logements l’hiver. Certifications ISO 14001, ISO 50001, ISO 27001. Voir le détail.

Cela dit, pour un site de cette taille, l’hébergeur n’est pas le facteur déterminant. Quelques dizaines de kilo-octets de fichiers statiques consomment surtout du côté de l’appareil qui les affiche, et le mix électrique suisse est aussi peu carboné que le français : héberger à Genève plutôt qu’à Paris ne change presque rien en émissions. L’hébergement vert est une cohérence, pas l’argument principal. Ce qui se joue vraiment, c’est ce que la page demande au téléphone qui la charge.

Mesuré par des outils indépendants

Résultats figés à leur date de mesure, chacun lié à son rapport public : les badges dynamiques de ces services sont des scripts tiers, qui transmettraient votre adresse IP et alourdiraient la page qu'ils prétendent mesurer. Refaites la mesure vous-même sur sobr.studio - le lien Lighthouse relance d'ailleurs une analyse au moment du clic, il n'affiche pas la mienne.

Une précision d’honnêteté : les convertisseurs qui affichent des grammes de CO₂ par visite reposent sur des moyennes mondiales d’intensité carbone, très éloignées du mix électrique français. J’affiche donc des kilo-octets et des requêtes, qui se vérifient, plutôt qu’un chiffre en grammes qui donnerait une fausse impression de précision. J’explique pourquoi ici.